samedi 7 février 2015

FRANCE - Centre - Le château d'Amboise

 LE CHÂTEAU D'AMBOISE
François et Léonard ****


Un peu d'histoire

Le fief d'Amboise est annexé en 1214 par Philippe Auguste et devient vassal du royaume de France. Propriété de Louis d'Amboise, le château lui est confisqué par le Roi Charles VII en raison de sa condamnation pour complot contre la Trémouille en 1431. Louis XI crée en 1469 l'ordre de chevalerie de Saint-Michel à Amboise. Le fils de Louis XI, dauphin et futur Charles VIII, naît au château en 1470. Charles VIII, alors accompagné d'Anne de Bretagne son épouse, décède au château le 7 avril 1498 après s'être heurté la tête à un linteau de porte alors qu'il va assister à une partie de jeu de paume se déroulant dans l'ancienne galerie Haquelebac.



La chapelle Saint-Hubert et les remparts vus du contrebas

La rampe d'accès à la terrasse

Anne est contrainte d'épouser par contrat Louis XII le successeur au trône. François Ier, à l'issue des campagnes italiennes, s'éprend de Renaissance italienne. Il devient mécène de littérature française et d'art italien et c'est ainsi qu'il invite Léonard de Vinci, âgé de 64 ans,  en 1516 au château d'Amboise. Une demeure lui être attribuée : le Clos Lucé (ancien manoir du Cloux). Léonard, après plusieurs années de travaux d'architecture et d'ingénierie, décède au Clos en 1519. Il est inhumé au château.



 La terrasse Saint-Hubert gardée par la massive tour Heurtault

La Loire vue du château


François II est enlevé en mars 1560 au château d'Amboise par les protestants qui tentent de l'éloigner des ducs de Guise. Ils sont arrêtés et exécutés. Des événements qui annoncent le massacre de la Saint-Barthélemy le 24 août 1572. Le château est progressivement délaissé, en particulier sous Henri IV, les monarques préférant se rapprocher de Paris. Des phases de démantèlement se succèdent après la Révolution et sous l'Empire avant que le château ne revienne à Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon en 1815

A la suite de l'abdication de Charles X en juillet 1830, Louis-Philippe exerce la Monarchie de Juillet pendant 18 ans. Il abdique en 1848 et décède en Angleterre en 1850, en exil. Son fils, le duc d'Aumale, assigne à résidence l'émir Abd el-Kader après la colonisation de l'Algérie par la France. L'émir et sa suite passent 4 ans au château (entre 1848 et 1852) avant d'être libéré par Louis Napoléon Bonaparte. Il part pour la Turquie puis l'Egypte et meurt en Syrie en 1883.



 Le Clos Lucé visible des terrasses

 Le logis du château

 Autre vue du logis

Section occidentale de l'aile Charles VIII


Chapelle et extérieurs

Les terrasses

On y accède la rampe qu'empruntaient les gardes. Deux tours cavalières délimitent les terrasses. La chapelle Saint-Hubert bâtie sur les fondations de l'ancien oratoire (Louis XI) est achevée sous Charles VIII. De style gothique flamboyant, elle abrite la tombe de Léonard de Vinci.



 La chapelle Saint-Hubert

 Détail de la façade au linteau très ornementé : Saint Antoine d'Alexandrie et Saint Christophe, conversion de Saint Hubert et en surplomb scène représentant la prière de Charles VIII et Anne de Bretagne

 Vitraux de la chapelle illustrant la vie de Saint-Louis

 Détail de l’ornementation intérieure sculptée dans le tuffeau

La tombe de Léonard de Vinci dans la chapelle


La chapelle

Dédiée à Saint-Hubert, patron des chasseurs, et de style gothique flamboyant, elle occupe l’emplacement de l'ancien oratoire. Elle est achevée sous Charles VIII.

Extérieurs du château

Deux ailes s'unissent à angle droit. L'aile Charles VIII de style gothique tardif et l'aile Renaissance ou aile Louis XII et François Ier.



Le logis gothique

Il se compose d'une succession de salles, autant de protections pour le souverain.



Armure de la salle des gardes


La salle des gardes 
Elle contrôle l'accès aux étages

Le promenoir des gardes 
Il permettait de surveiller le versant fluvial du château avec une vue à 180° sur la Loire

La salle des gardes nobles 
abritait la garde rapprochée du roi, elle donne accès à l'étage supérieur. 



La salle des tambourineurs au sol de carreaux en terre cuite, table Renaissance, la chaire gothique aux armes du cardinal Georges d'Amboise


La salle des tambourineurs 
sorte de chambre à parer royale, le mobilier pouvait y être déposé temporairement entre deux déplacement de la Cour.



 Les arcs brisées des voûtes de la vaste salle du Conseil


 Les deux cheminées de la salle, la deuxième dans le style Renaissance

Les chayères (bancs à dossiers)


La salle du Conseil 
de grande dimension permettait la tenue de fêtes et de réunions d'assez vaste envergure. Elle était chauffée par deux cheminées : l'une de style gothique, l'autre de style Renaissance.





Le mobilier gothique de la salle de l'échanson : buffet (dressoir), coffre et chaises. Du mobilier Renaissance : Chaire, table "à l'italienne" et grand coffre de noyer sculpté. Tapisseries d'Aubusson du XVIIème d'après Le Brun


La salle de l'échanson 
marque un changement des usages de la Renaissance. Le lieu des repas se sédentarise d'une certaine manière et les tréteaux médiévaux sont abandonnés. On adopte la table à l'italienne et progressivement l'usage des couverts.



La chambre Henri III avec son large lit de style Henri II. Portières et tapisseries de Bruxelles et Tournai


La chambre Henri III
Elle comprend un lit de style Henri II ainsi que des tapisseries de Bruxelles et de Tournai des XVIème et XVIIème siècles.

L'antichambre de la Cordelière
C'est l'ancienne antichambre des appartements Renaissance dont l'entrée à été obturée.


Les appartements Louis-Philippe

Louis-Philippe reçoit le château de sa mère Louise-Mari-e-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre. Il fait abattre plusieurs dizaines de maisons l'entourant afin de dégager les remparts.



 La chambre de Louis-Philippe au mobilier de style Premier Empire, lit bateau, secrétaire, guéridon et commode. Mais aussi du mobilier de style Louis-Philippe : semainier en acajou, chaises.



Le salon de musique comprend une console Empire, un secrétaire, un piano à queue Erard du XIXème, deux guéridon Louis-Philppe, des chaises en acajou mais aussi des portraits de l'émir Abd el-Kader, de Louis-Phlippe Ier, un portrait de famille avec la reine Marie-Amélie et ses enfants et un autre de Louis-Phlippe Joseph "Egalité"


Le cabinet de Louis-Philippe
Il s'agit d'une reconstitution d'un cabinet de travail de l'époque. Succèdent au cabinet : la chambre et le salon de musique.







Différents point d'observation des fenêtre ou des toits du château sur le château lui-même ou ses environs


Le parc et les tours cavalières

La tour des Minimes débouche directement dans la galerie couverte du château. Elle permettait d'arriver à cheval ou en attelage jusqu'aux aux terrasses. On peut accéder à son toit pour découvrir un panorama sur la Loire et la région.




Le vaste intérieur de la tour des Minimes


De la galerie couverte on gagne la terrasse de Naples parallèle à la Loire et comportant 3 belvédères. Elle est aménagée à la fin du XVème par Dom Pacello da Mercogliano selon l'esthétique Renaissance encore inconnue en France.



 Au fond, la terrasse haute

Le château vu de la terrasse haute avec toute l'étendue de la terrasse de Naples et la Loire sur la droite


La terrasse supérieure s'étend au Nord-Est du parc, la porte du porc-épic se trouve dans le prolongement de la terrasse Renaissance. Se succèdent vers le Sud des vignes jusqu'à la porte des lions puis le jardin d'Orient qui honore les compagnons de l'émir Abd el-Kader. Une coulée de buis taillés en boule et un jardin dit du Midi s'intercale entre la terrasse haute et la partie basse du parc agrémentée d'un cèdre du Liban et du statue de Léonard de Vinci à l'emplacement de l'ancienne chapelle où il était initialement inhumé.

L'énorme tour Heurtault garde l'extrémité orientale de la terrasse Saint-Hubert, la chapelle éponyme son extrémité occidentale.



 Le château vu du Sud, à gauche la chapelle Saint-Hubert

 Les buis taillés en boule et le cèdre du Liban

La statue de Léonard sur l’emplacement de l'ancienne chapelle


En bref...

Un incontournable des châteaux de la Loire et de l'histoire de France. Malgré ses dimensions modestes, le châteaux est chargé d'histoire et d'émotions. 

 Le château d'Amboise et son parc son classés au patrimoine mondial par l'UNESCO.



Carte satellite de la région d'Amboise (source Google)

Accès

- De Tours moins de 30 minutes pour parcourir la belle route qui longe les bords de Loire (D952 ou D751). La rive droite (nord, D952) me semble plus agréable pour découvrir la Loire...

- De Blois environ 30 minutes pour longer les jolis bord de Loire par les routes D952 ou D751.



Les buis taillés en boule dans le parc du château d'Amboise




4 commentaires:

N'hésitez pas à laisser un mot si vous passez par ici !