mercredi 18 février 2015

FRANCE - Normandie - L'abbaye du Mont Saint-Michel

 Le MONT SAINT-MICHEL & son ABBAYE
1300 ans d’existence *****


La baie

Située entre Granville, péninsule du Cotentin en Normandie, et Cancale en Bretagne, elle est connue pour ses marées spectaculaires. L’abondance de produits de la mer ainsi que l’existence de prés salés (élevage de moutons) et de cultures sur polders font sa renommée. La particularité de la baie réside dans sa surface plane très étendue sur 40 000 hectares qui accueille l’estuaire de trois cours d’eau : Le Couesnon, la Sée et la Sélune. Les marées célèbres dans le monde entier se sont essoufflées avec l’ensablement de la baie. Des travaux colossaux sont en cours actuellement pour tenter de la désensabler. 



L'arrivée au Mont par sa façade sud

L'abbaye, le village et ses fortifications

La porte du Roi qui mène à la Grande-Rue

Les toits du village

L’abbaye

Le site est connu depuis l’Antiquité sous le nom de Mont Tombe, la première église est consacrée sur le futur Mont Saint-Michel en 709 à la demande d’Aubert évêque d’Avranches, ville située face au mont. Aubert aurait eu une vision de l’archange Saint-Michel qui lui aurait ordonné de construire un sanctuaire sur le Mont d’après le texte de la Revelatio. D’après Rabelais l’histoire de Gargantua serait liée à celle du mont. Le culte de Saint-Michel prend racine au Monte Sant'Angelo ou Monte Gargano au Vème siècle en Italie dans la région des Pouilles.



La Merveille entrevue par les ruelles

Abbaye, roche et hôtellerie Poulard

Perspective sur l'abbaye

Le premier oratoire voulu par Saint-Aubert n’existe plus de nos jours. Sa trace ne persiste que dans les textes. Le Mont est cédé par Charles le Chauve au roi de Bretagne en 867. L'église Notre-Dame-sous-Terre daterait du début du Xème siècle, elle faisait partie d’un ensemble abbatial probablement plus grand.



Les étroites ruelles du Mont

Les toits ornent la perspective à perte de vue sur la baie

Mont et Merveille


La construction d’une abbaye romane, beaucoup plus vaste, est entreprise au XIème siècle après l’installation des bénédictins. La construction de ce grand ensemble est rendue possible grâce à l’octroi de fonds par Richard II. Une partie des anciens bâtiments est conservée pour servir d’assise aux nouveaux. C’est ainsi que plusieurs cryptes sont crées ou modifiées.



Petite chapelle, en contrebas, avec vue sur l'îlot Tombelaine

Vue sur Tombelaine

La baie encore enneigée en hiver


L’abbatiale romane elle-même est achevée en 1080. Les contraintes de construction dues à la configuration du site rocheux explique la disposition peu courante des bâtiments conventuels autour de l’abbatiale. Les parois de l’abbaye romane sont en granite de Chausey, les chapiteaux sont en pierre de Caen.



La baie vue des portes de l'abbaye

La Merveille

Le cloître aux fines colonnettes


L’abbaye fait les frais des guerres entre la France et son roi Philippe Auguste et Jean sans Terre d’Angleterre, qui possède le duché de Normandie au tout début du XIIIème siècle. Un cloître est achevé en 1229 en surplomb de 78 mètres par rapport au niveau de la mer. Il intègre une partie de l’ensemble appelé la Merveille qui comprend également deux bâtiments achevés dans la première moitié du XIIIème siècle et incluant, sur trois niveaux : Une aumônerie, une salle dite des Hôtes, un réfectoire, un cellier, une salle dite des Chevaliers et enfin le cloître (à l’ouest).



La très impressionnante vue plongeante du cloître sur la baie

L'immensité de la baie en hiver vue de la Merveille

La façade de l'église abbatiale de la Merveille


Le chœur roman s’effondre en 1421. Des travaux de reconstructions, ralentis par le déroulement de la Guerre de Cent Ans, ne sont entrepris qu’en 1444 et achevés en 1521. L’îlot de Tombelaine et la ville d’Avranches sont d’ailleurs occupés par les Anglais en 1356.



L'intérieur de l'abbatiale

Portes du réfectoire ouvertes sur le cloître

Le réfectoire des moines et sa voûte en bois


C’est à cette époque que se fait sentir la nécessité de bâtir des fortifications dignes de ce nom autour du Mont. La construction d’un ensemble de murailles, de tourelles et de châtelets est entreprise en 1393 sous l’impulsion de l’abbé Pierre le Roy. La survenue de bataille d’Azincourt en 1415 induit également une accélération des travaux de protection du Mont Saint-Michel. Louis XI demande, à la fin du XVème, un nouveau renforcement des défenses du Mont. De nouvelles tours sont érigées. Vers 1520 on élève à l’Ouest la tour Gabriel capable d’accueillir des pièces d’artilleries.

L'abbaye est convertie en prison à la Révolution comme la plupart des lieux de cultes (abbayes en particulier). Elle ne fermera qu'en 1863 ! La restauration du lieu, classé à l'inventaire des Monuments Historiques, commence 11 ans plus tard. Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur l'histoire du Mont...



L'archange Gabriel


Dans une des cryptes l'énorme roue à poulie qui permettait de monter des charges pendant la période pénitentiaire


En bref…

Probablement l’un des plus beaux monuments de l’occident brillant à la fois par l’esthétique de sa construction que par le choix du site naturel. Il faut y aller au moins une fois dans sa vie. 

Attention, 3,5 millions de visiteurs par an, méfiez-vous de affluence de touristes ! Il est possible de visiter l’abbaye du Mont Saint-Michel presque « seul » : Lors des nocturnes en été (témoignage d’amis qui ont eu cette opportunité) ou bien en hiver. J’ai pris les photos présentées ici en janvier 2009. Nous étions 3 en comptant la guide… Il est vrai qu’un car de japonais est arrivé ensuite mais ils sont entrés quand nous sortions de l’abbaye. Cet article n'est qu'un tour d'horizon de l'histoire et de l'architecture du site qui mériterait plusieurs volumes !

 La baie du Mont Saint-Michel et son abbaye sont bien sûr classés au patrimoine mondial par l'UNESCO.



Chapelle inférieure

Salle inférieure

La Salle des Chevaliers sous le cloître était peut-être un scriptorium


Informations pratiques

-L’accès au mont se fait de Paris par l’A13 jusqu’à Caen (14) puis l’A84 jusqu’à Avranches (50) et la N175 ainsi que des routes départementales en moins de 4h heures pour 360 km.

-De Rennes par l’A84 direction Nord jusqu’à la N175 pour 90 km et environ 1h10 de route pour arriver au Mont Saint-Michel situé dans la Manche (50170) donc en Normandie !



Carte satellite de la baie du Mont Saint-Michel



-Navettes aux gares SNCF de Rennes et Saint-Malo.

-Il est possible de gagner le mont en traversant la baie à pied. À faire impérativement en groupe avec guide : Il existe des sables mouvants qui peuvent être dangereux pour les non habitués.


La chapelle paroissiale du village, en dehors de l'abbaye

Attention, des travaux ont lieu dans la baie jusqu’en 2015. Les modalités de stationnement sont susceptibles de changer régulièrement. Il vaut mieux se renseigner : Informations sur l’avancement des travaux cliquez ici !

Accès à l’abbaye de 9h00 à 18h00 en hiver et 19h00 en horaires estivaux. Nocturnes en Juillet et Août jusqu’à 23h00.

Tarifs (2015) : 9€ adultes et 13€ avec conférence, tarif réduit 5,50€ et 7€

Si vous ne voulez pas grever votre budget en achetant une omelette à prix d’or, évitez le restaurant La Mère Poulard : Bien que le cadre soit charmant, les tarifs pratiqués sont à la mesure des envolées gothiques du Mont… Il existe des restaurants moins prestigieux sur le mont qui proposent des menus aux prix abordables.



Coucher de soleil sur la baie vu du Grouin du sud, cliquez ici pour la suite !


5 commentaires:

  1. t'as bien écrit "baie enneigée"????????????????????
    je partage quand meme!! :-)

    RépondreSupprimer
  2. C'est fou de se dire qu'elle a été restaurée si récemment (deuxième partie du 19eme !).

    RépondreSupprimer
  3. Quelle merveille ! Les grandes marées ont eu lieu !

    RépondreSupprimer

N'hésitez pas à laisser un mot si vous passez par ici !