mardi 31 octobre 2017

PORTUGAL - Lisbonne - Le monastère des Hiéronymites (1) - L'église abbatiale

 Monastères des Hiéronymites de LISBONNE (1) - L'église abbatiale
Panthéon national portugais *****
Nouvelle version (Octobre 2017)



 L'ensemble abbatial vu à partir de la rive du Tage

 A gauche les musées dans les ailes récentes et à droite, l'abbatiale

 L'entrée du musée de la Marine

 La façade Sud de l'abbatiale la nuit

 L'entrée du musée de la Marine, la nuit

Ensemble abbatial à la nuit tombée


Le Mosteiro dos Jerónimos se situe dans l’ouest de la ville de Lisbonne, dans le quartier de Belém : l’une des merveilles de la capitale portugaise. Sa construction débute au tout début du XVIème siècle sous l’impulsion de Manuel Ier et sur des plans de Diogo Boitaca, et des travaux successifs de João de Castilho (agrandissement de l'église vers 1517), Diogo de Torralva (reprise des travaux vers 1540) et Jerónimo de Ruão (de 1563 à 1601). Les travaux, entrepris sur l'emplacement d'une ancienne chapelle, se sont étalés sur plusieurs décennies pour s’achever à la fin du XVIème siècle avec plusieurs modifications architecturales et ornementales. Bâti en calcaire clair de la région, le style du monastère constitue le point culminant de l'architecture manuéline. Les moines de l'Ordre de Saint Jérôme sont désignés pour officier dans le monastère. L'abbatiale devient, finalement, église communale de Santa Maria de Belém. De nombreux travaux de réaménagement et de restauration ont lieu au XXème siècleLes musées de la Marine et d’Archéologie occupent des ailes et bâtiments les plus récents de l’ensemble monastique (néomanuélin du XIXème siècle) et situés à l'Ouest de l'abbatialeCliquez ici pour découvrir l'impressionnant cloître du monastère.



 La façade occidentale de l'église et son dôme, enclavés dans l'ensemble abbatial

 Le magnifique portail Sud


Détails du portail Sud et dôme (2 clichés ci-dessus)


L’église abbatiale Santa Maria

De style gothique manuélin, elle préfigure le baroque portugais. La façade et le portail sud sont particulièrement ouvragés. Construit entre 15717 et 1518, initialement par João de Castilho et remanié ensuite, le portail sud est l'un des plus riches éléments du gothique portugais tardif. Il atteint 32 mètres de hauteur et plus de 12 de largeur. Sa vocation de «porte de la chrétienté» explique son style triomphal. Il comporte 40 figures essentiellement à symbolique religieuse. Les 12 apôtres sont visibles à la base du portail. Une Vierge à l'enfant occupe le sommet de l'archivolte, au-dessus du tympan dédié à Saint Jérôme. Saint Michel surplombe l’ensemble. Le portail occidental est plus modeste. Il s'agit pourtant de la porte principale du monastère, bordant l'autel principal. Probablement conçu initialement par Diogo de Boitaca, puis modifié par João de Castilho, il a été exécuté par le français Nicolau ChantereneSa partie supérieure est occupée par trois niches évoquant la naissance du Christ : l'Annonciation, la Nativité et l'Adoration des Mages.




La nef et ses colonnes, vues du chœur élevé (2 photos ci-dessus)


Les nervures de la voûte dans la nef


L'église comporte un plan en croix latine, composé de trois nefs de même hauteur, couvertes par une vaste voûte de style manuélin soutenue par six fines colonnesLe navigateur Vasco de Gamma et le poète Luis Camões reposent dans le vestibule, de part et d'autre de l'entrée. Le chœur initial (par Boitaca) a été démoli et remplacé par un autre en 1571 (ordonné par D. Catarina, épouse de D. João III) tracé par Jeronimo de Ruão, dans un le style maniériste, établissant un fort contraste avec le corps manuélin de l'église.



Sarcophage de Luís Vaz de Camões

Sarcophage de Vasco de Gamma

Bancs installés à la croisée du transept, au fond, le tombeau de D. Sebastião

Le chœur et le maître-autel



Dans les arcs ouverts entre les paires de colonnes latérales on découvre les tombes de souverains et de leurs épouses respectives : D. Manuel I et D. Maria, D. João III et D. Catarina. Sur l'autel principal trône un retable du peintre Lourenço de Salzedo figurant des scènes de la Passion du Christ et de l'Adoration des Mages. Dans la chapelle à gauche du transept reposent le Roi Cardinal D. Henrique et les enfants de D. Manuel I; à droite, la tombe de D. Sebastião ainsi que les descendants de D. João III.



Chapelles (2 clichés ci-dessus)



Avant 1551, le chœur élevé était destiné principalement aux activités monacales de l'Ordre de Saint-Jérôme (prières, hymnes et offices religieux). Sur la balustrade du chœur s'élève un Christ crucifié (1550) du sculpteur flamand Philippe de Vries, offert en 1551 par l'Infant D. Luís. À noter également, la présence d'un ensemble de représentations des apôtres dans la chaire.



La partie supérieure du revers de la façade occidentale et les stalles du chœur élevé

Le Christ en croix dans le chœur élevé


Le chœur élevé vu de la nef (2 photos ci-dessus)


La grande salle de la sacristie, dont la voûte rayonne d'une colonne centrale, est attenante à l'église. Conçue par João de Castilho, sa construction date de 1517-1520. Le mobilier comprend une commode en bois du XVIème siècle, renfermant des vêtements et des instruments liturgiques. Au revers sont disposées quatorze peintures à l'huile représentant des scènes de la vie de Saint-Jérôme (attribué au peintre maniériste Simão Rodrigues, exécutées vers 1600-1610). Le cloître fait l'objet d'un autre article...



Chapelle dédiée à la Sainte Famille

Tombeau d'Henri Ier de Portugal, dans un bras du transept


En bref…

L’ensemble église abbatiale et monastère constitue l'un des plus beaux monuments de Lisbonne et du Portugal. À ne surtout pas manquer ! D’autre part le quartier, en bordure d’estuaire et à l’écart de la ville, tranche avec le centre-ville. Le monastère et son abbatiale sont classés au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1983. Pour accéder à la page officielle du monastère (en portugais ou en anglais), cliquez ici !






Les nervures de la voûte de la nef (2 clichés ci-dessus)

La très dorée Chapelle de Notre-Seigneur des Marches dans le vestibule
 

Accès

-En voiture par la N6 en prenant à l’ouest de Lisbonne.
-En bus à la station Mosteiro Dos Jerónimos,‎ toute proche.
-En train, par la gare ferroviaire de Belém à environ 10 minutes à pied.
-En bateau si vous venez de la rive sud, la gare fluviale jouxte la gare ferroviaire.

Tarifs 2017 :

Entrée au monastère 10€
Mosteiro dos Jerónimos + Musée national d'archéologie 12 €

Réductions (-50%) pour les étudiants.



Carte satellite du quartier de Belém à Lisbonne (source Google)


À voir à proximité

-Le Tage et le port de plaisance de Belém.
-La Tour de Belèm, symbole du quartier, cliquez ici !
-Le monument aux Découvertes, situé juste en face, cliquez ici !
-Goûtez les pastéis de nata (genre de flans parfumés), une spécialité de Belém.



La Tour de Belém

Le Monument aux Découvertes, face au Tage


dimanche 29 octobre 2017

PHOTOs en vrac - Sous-marin retraité

Le sous-marin Onondaga sur le site de l'Empress of Ireland à Pointe-au-Père, Québec, Canada


FRANCE - Île-de-France - Index des articles

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  La ville haute de Provins est classée au patrimoine mondial par l'UNESCO au titre de "ville de foire médiévale".




Soleil couchant sur les rives du lac de Vaires-sur-Marne (77), Île-de-France


FRANCE - Île-de-France - Château de Vaux-le-Vicomte

Le château de VAUX-le-VICOMTE
Modèle de Versailles ****


-Pour découvrir les parcs et jardins cliquez ici !

-Pour visiter le musée des équipages cliquez ici !


Arrivée à la cour d'honneur au château de Vaux


Les douves du château (deux clichés ci-dessus)


Le château vu du parc (deux photos ci-dessus)


Demeure de Nicolas Fouquet (surintendant des finances de Louis XIV à partir de 1653), le château précurseur de Versailles, impressionne également par son parc et ses jardins à la française. C'est le célèbre paysager André Le Nôtre qui conçut les parcs et jardins du domaine sur un site préexistant. Les travaux d'aménagement débutent en 1653 et le domaine, acquis par Fouquet en 1641, et s’achèvent en 1655. D'énormes travaux de canalisation et d'adduction d'eau permettent la réalisation des plans d'eau et fontaines. Les aménagements du parc et du château se poursuivent jusqu'en septembre 1661, à l'arrestation de Fouquet à Nantes par Louis XIV sur accusation de Colbert...




 Trois vues différentes de la section centrale du bâtiment côté jardin (extérieur de la salle des Gardes et dôme)



Trois vues générales du château


Le domaine est abandonné à Mme Fouquet contre paiement de dettes 10 ans plus tard. Il quitte les possessions de la famille en 1705, faute de descendant. Le jardin proprement-dit occupe une surface de 33 hectares au Sud des bâtiments. Le domaine passe entre les mains de Claude-Louis-Hector de Villars, Maréchal de France, puis celles du Duc de Praslin avant d’être mis aux enchères en 1875 et acquis par Alfred Sommier. Il entreprend des travaux de restauration poursuivis par ses descendants, encore propriétaires de nos jours (famille de Vogüé). Le domaine s’ouvre au public en 1968.



Le château de nuit et son escalier côté jardin


Louis Le Vau devient l'architecte de Fouquet en 1653. Il s’inspire de la Renaissance italienne et de l’Antiquité. Il réinvente le style français de l’époque. Il réalisera par la suite les aménagements à Versailles pour Louis XIV. Le bâtiment principal s’articule autour du même axe que celui du jardin. La nouveauté de Vaux-le-Vicomte consiste en un plan à deux épaisseurs juxtaposées. Cette structure induit des aménagements particuliers de la toiture (comble brisé, dôme ovoïde, …).

Charles Le Brun, peintre et décorateur, fut le maître-d’œuvre du décor de Vaux : tapisseries, mobilier, statues et fresques. André Le Nôtre, le futur jardinier de Versailles, fit ses armes au château de Fouquet. Il formalisa le style des jardins à la française : perspectives, symétrie, plans d’eau et fontaines.



 Vue de la salle des Gardes


 Le plafond (en travaux) et les sculptures soutenant le dôme (2 photos ci-dessus)




Quatre bustes d'empereurs romains


Visite du château

Au rez-de-chaussée se trouvent les pièces les plus impressionnantes en raison de leur taille et de leur décor baroque. La Salle des Gardes constitue le moyeu central autour duquel s’articule l’édifice. De forme ovale (19x14 mètres), ce salon comporte deux étages avec des voussures à l’italienne qui culminent à 18 mètres de hauteur. Les bustes d’empereurs romains (sculptés pour la plupart en Italie) constituent l'unique mobilier. Le Brun n’eut pas le temps de décorer la voûte selon le projet initial. Le peintre Dutenhoffer débuta la réalisation d’un faux ciel dans les années 1840. Un cadran solaire occupe le centre du sol de pierre du salon. De larges baies vitrées s’ouvrent côté jardin. La coupole est soutenue par seize éléments sculptés par François Girardon,  allégories des douze signes du zodiaque et des quatre saisons.



 Le dôme de la Salle des Gardes la nuit

 Nuit aux chandelles

La salle des Gardes, la nuit


Le Salon d’Hercule, antichambre des appartements privés et située à l'Ouest du salon, comporte un plafond peint en l’honneur du héros de l’antiquité accueilli par les olympiens. Ses douze travaux sont illustrés par des médaillons de Le Brun.



 Statue équestre de Louis XIV dans le salon d'Hercule

 Hercule capturant le Taureau de Crète

 Cheminée du Salon d'Hercule

 Tapisserie

Hercule accueilli à l'Olympe, par Le Brun


La chambre de Nicolas Fouquet (ou chambre des Muses, à l'Ouest de la précédente) est également décorée par Le Brun. On y découvre Le Triomphe de la Fidélité ainsi que des représentations des muses dans les coins de la voussure. Cinq tapisseries retracent l’Histoire de Diane. Le Brun a réalisé une ode à la Nuit au plafond de l’alcôve. Le cabinet des Jeux, à l'angle Ouest du rez-de-chaussée, est orné d’une allégorie du Sommeil (par Le Brun).



La Chambres des Muses et ses tapisseries dédiées à Diane

 Le Triomphe de la Fidélité de Le Brun

Lustre de la Salle des Muses

Détail du plafond


Le cabinet des Jeux (2 photos ci-dessus)


La bibliothèque du XVIIIème, en acajou et située dans l'aile Est, remplace l’ancienne antichambre du Roi. On y voit des peintures et bas-reliefs : une réalisation du XVIIIème siècle au centre de l’ovale du plafond ainsi que des représentations de Diane, de l’Amour, d’Achille et Vénus dans les voussures du plafond.






La bibliothèque (4 clichés ci-dessus)


La Chambre du Roi, à l’alcôve inachevée fait suite à la bibliothèque, comporte des stucs dorés, une frise à palmette, des coquilles Saint-Jacques, des écureuils, des anges, et la lettre F évoquant le nom du propriétaire. La Vérité soutenue par le Temps orne le plafond. On y admire également Bacchus, Mars, Mercure ou encore Jupiter. Louis XIV n’y a jamais dormi.



 L'alcôve de la Chambre du Roi

   
 Le médaillon du plafond : La Vérité soutenue par le Temps (2 clichés ci-dessus)

Le mur Nord avec l'alcôve

Le cabinet de la Duchesse de Villars, au centre, le buste du Maréchal de Villars


La Salle des Buffets comprend un classique plafond à caissons, chacun orné d’un tableau. On y détaille des divinités et des nymphes ainsi que les saisons. Le Brun réalisa La Paix ramenant l’Abondance qui orne le centre du plafond.





Salle des Buffets (3 photos ci-dessus)

L'alcôve de la Chambre du Maréchal de Villars


Les appartements privés de Nicolas Fouquet et de son épouse se situent au premier étage. La décoration restitue l’atmosphère du XVIIème siècle. L’agencement particulier autour d’un couloir central constitue une innovation pour l’époque. Il permet une plus grande intimité à l’intérieur des appartements privés. Le décor d’origine est encore visible dans la chambre de Fouquet : un trompe-l’œil en coupole. Les autres pièces furent réaménagées au XVIIIème siècle. Le cabinet s’orne d’un ovale figurant le ciel.



La chambre Louis XV


Un chemin de ronde est aménagé au pied du dôme et domine le parc. Les cuisines, la salle-à-manger du personnel et la cave voûtée occupent les sous-sols. Les pièces sont aménagées avec des ustensiles et des reconstitutions de l'époque du premier propriétaire.



 Évocation du Masque de Fer dans les sous-sols

 Salle-à-manger du personnel

 Les caves



Les cuisines (2 photos ci-dessus)


En bref…

Certainement l’un des plus beaux châteaux de France, cet inspirateur du château de Versailles valut à Fouquet les foudres de Louis XIV. La visite de l’intérieur du château ne doit pas faire oublier les magnifiques parcs et jardins. La visite aux Chandelles (du printemps à l'automne) reste un très bon souvenir, tant pour l'ambiance que pour l'esthétique du lieu à la nuit tombée, sans oublier le feu d'artifice au-dessus des plans d'eau.



 Buste de Louis XIV

Buste du cardinal Mazarin


Accès

-A seulement 10 minutes et 6 km de Melun par la D636 puis la D215, dans la commune de Maincy (77).
-De Paris (Porte de Bercy) : 55 km et 45 min de route par l’A4 puis la N104 (alternative par A5 en cas d’embouteillages…).



Carte satellite du secteur de Vaux-le-Vicomte (source Google)


Tarifs 2017

- Accès aux jardins seuls 9,50€
- Château et jardins 15,50€ et 10€  (enfants)
- Possibilité de visiter le parc de nuit dans le cadre des "Soirées aux chandelles" (avec le château) 19,50€ et 16€ pour les enfants.

- Plus de renseignements ? Cliquez ici pour atteindre le site officiel du château.



Pots en faïence d'inspiration chinoise